LAURE MARTIN

(exposition au Marché Paysan du 1 au 15 septembre)

 

 

Les huiles sur toile de Laure Martin ont une très grande puissance expressive.

Cette artiste, installée dans la vallée du Jabron, dans les Alpes de haute Provence commence à peindre sans suivre de formation traditionnelle et devient l’élève de Pierre Fontferrier.

Aujourd’hui elle partage son temps entre son métier de bergère et sa passion pour la peinture.

 

Une passion qui a donné naissance à une œuvre pertinente qui se distingue par une technique très personnelle – toile de lin brute, recouverte de colle de peau puis enduite de caséine, ce qui donne leur matière à ses fonds abstraits – et surtout par le choix des thèmes.

 

Ce sont des objets, des scènes de la vie rurale, plus vrais que nature, qui font poser la question de la frontière entre le réel et la représentation du réel, devant « le Filtre à gas-oil », « la chemise » ou « Trois poules buvant ».

 

Mais la créativité de Laure donne toute sa mesure dans les grands formats où elle peut restituer, en grandeur nature, des portraits d’un réalisme saisissant.

 

« Les frères Blanc » (200 x 160) ne vont pas tarder à démarrer leur tracteur, même si c’est une épave, « Eugène Barjavel » (120 x 90) paysan philosophe qui médite sur les temps mornes et la pénible domination de l’argent, « Claude Roustan » (160 x 130) ravi de croiser les bras et de suspendre un peu son labeur, sont représentatifs du talent de Laure Martin.

 

La lumière qu’elle excelle à mettre en valeur… les expressions… la matière du réel qu’elle transporte sur la toile… ne sont pas tout…

Il faut d’abord une approche fondée sur la confiance et le respect, puis la recherche d’une juste distance avec ses modèles.

Gérard Saccoccini

EXPOSITION

UN POLYTECHNICIEN DE TOURRETTES

AU SERVICE DES TSARS DE RUSSIE

JACQUE-ALEXANDRE FABRE

Voir onglet "patrimoine" sous-onglet "histoire" pour un dossier sur le général Fabre

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Mon hommage au Baïkal…

18 août 2019

Les photos qui vous sont présentées ici ont été prises il y a une dizaine d’années sur la surface du lac Baïkal gelé, à la fin de l’hiver.

Durant la période qui va de décembre à début mai, le Baïkal semble figé, prisonnier d’une formidable gangue de glace dont l’épaisseur varie d’un à deux mètres et l’étendue avoisine la superficie de la Belgique.

Mais cet engourdissement n’est qu’apparent, car le long sommeil de ce lac est en réalité très tourmenté. D’incessantes secousses sismiques viennent le troubler, donnant à sa surface de multiples visages.

Elle peut être lisse comme un miroir et permettre aux véhicules d’y circuler à grande vitesse. Jusqu’à ce que de formidables blocs de glace accumulés viennent bloquer leur course folle. Ou que quelque faille, invisible parce que recouverte de neige, se transforme en piège mortel engloutissant les aventuriers inexpérimentés qui méconnaissent le caractère véhément du lac.

Dans ce fantastique paysage, l’œil du photographe a plaisir à se fixer sur quelque assemblage de fragiles morceaux de cristal dont les reflets peuvent changer à l’infini suivant les jeux de la lumière solaire et les caprices des nuages malmenés par les violentes rafales du vent. Il est attiré par les horizons lointains aux délicats tons pastel, par les montagnes alentours que frangent de noir d’impénétrables forêts ou que la neige ourle d’une fine ligne immaculée.

Mais ce qui m’a plus particulièrement captivé, alors que je fixai la glace de plus près, ce sont les étonnants dessins que j’y aperçus : « point et ligne sur le plan », pour reprendre la formulation de W. Kandinsky. Découvrant avec stupéfaction ces sujets insolites, je m’émerveillai : « Si Wassili Kandinsky a présenté sa première aquarelle non-figurative en 1910, le Baïkal, lui, a commencé à dessiner ses propres abstractions bien avant l’apparition de l’Homo sapiens sapiens. Et jamais il n’a cherché à se poser en pionnier de ce courant artistique ». Certes, sa technique et les matériaux utilisés n’ont rien de commun avec ceux de K. Malevitch, J. Pollock ou J. Miró. Par son activité créatrice passionnée, le Baïkal disloque les multiples couches dont est faite sa toile, y enchevêtrant d’énigmatiques sillons et de gracieux filaments, y emprisonnant les milliards de bulles d’air qui montent de ses profondeurs et tentent d’atteindre sa surface.  Avec la complicité du vent, il modèle des reliefs neigeux aux formes libres et fantasmagoriques dont il parsème, ça et là, ses motifs géométriques. Et cela, depuis des millénaires !

Paraphrasant le peintre américain E. Hopper, je dirais que le « grand art » du Baïkal est de nous offrir « l’expression extérieure de sa vie intérieure ». 

Je rends grâce à ce lac unique et magistral - que les peuples autochtones de Sibérie appellent depuis la nuit des temps « Mer sacrée » - pour ce qu’il m’a révélé ses incomparables et éphémères compostions et m’a permis de les fixer avant qu’elles ne s’effacent à jamais.

 

Boris Chichlo